E Noho Rā Aotearoa

E Noho Rā Aotearoa

Nous voilà de retour au point de départ : Auckland. Jean-Michel Bernard Van Pregito a trouvé ses nouveaux compagnons de voyage et il est de nouveau sur les routes. Nous, on revient de Waiheke island où on a passé 2 jours avec Pedro et le singe Coco Pops (c’est une longue histoire). Le départ approche et on repense à cette année qui vient de s’écouler…

Après 4 mois dans les montagnes puis 4 autres dans le houblon puis encore 1 autre mois parmi les veaux et 3 mois sur les routes : notre voyage en Nouvelle-Zélande s’achève. Une année riche et intense. Riche en découvertes, en rencontres et en paysages spectaculaires. Intense en émotion et en moments vécus. On aura habité 4 maisons différentes dont une sur roues. On aura vécu avec Jenny, Chris, Omkar, Keyur, Sam, Karina et Sarah puis avec Marion, Olivier, Pierre, Tomas et Johanna mais aussi John et Mary. On aura dormi sur plus d’une trentaine de freecamp différents, parfois dans la forêt, parfois en ville, parfois au bord d’un lac et parfois au bord de la mer. On aura appris des mots en maori, en tchèque, en néerlandais, en ukrainien, en italien, en marathi, en japonais. On aura chanté, pleuré, dansé, crié. On aura joué au frisbee golf, au yathzee, au 5000, au dobble, à « dans ma valise », à « devine à quoi je pense », à « contact », au kubo, au jeu de flexibilité, au « King’s cup ». On aura pris un million de photos, des centaines de vidéos. On aura volé au-dessus des montagnes, on se sera jetés dans le vide, on aura gravi des montagnes, plongé dans la mer. On aura conduit des voitures, des vans, des VTT, des karts, des quads, des tracteurs, des engins de la mort. On aura cueilli des fruits, dépoté du houblon, tiré des câbles, fait des découvertes scientifiques. On se sera fait des amis incroyables qu’on a hâte de revoir. Et on se sera même mariés ! Intense, on vous disait !

En terme de paysages, c’est pour le moment, le plus beau pays qu’on a visité. D’autant plus qu’il y a tellement de paysages différents ici ! Et tout ça sur deux petites îles. On est passés de la montagne à la mer parfois en moins de 2h, des forêts humides à la garrigue, des lacs aux océans, du rouge brique au vert prairie, du bleu au noir …etc. Fans de randonnée, la Nouvelle-Zélande nous a pas mal gâté aussi de ce côté-là. On a pu arpenter des tas de sentiers, du facile au difficile et tout ça dans l’immense variété de paysages du pays. On a adoré aussi pouvoir voyager aussi facilement en van. Les infrastructures (freecamp, station de vidange, camping du doc …etc) sont vraiment pratiques et facilitent grandement la vie de nomade sur les routes.

Dans les choses qui nous ont moins plu et parfois même déçu, on citera tout d’abord le racisme et l’esprit colonialiste encore très présent. On a malheureusement vécu le rejet mais aussi ressenti de la haine de la part de certains kiwis. On a également entendu beaucoup de discours faisant étrangement pensés à ceux de nos figures fascistes et d’extrême droite. On ne fait pas ici une généralité de tous les néo-zélandais mais simplement un constat de ce que NOUS avons vu, vécu et entendu. Si la position des Maoris semble plus décente que celle des Aborigènes c’est simplement que la façade est plus jolie. Dans le fond, les inégalités sont les mêmes et le racisme envers eux est juste plus subtile et/ou plus hypocrite. Dire des Maoris « qu’ils ne s’intègrent pas » est un peu culotté, non ?? A quel moment un peuple doit-il s’intégrer chez lui ? Sur ses propres terres ? Installés là depuis le 8ème siècle, on peut facilement dire qu’Aoetaroa (oui c’est comme ça que s’appelle la Nouvelle-Zélande), c’est chez eux. On ne s’étalera pas plus longtemps sur le sujet ici mais si vous souhaitez en débattre courtoisement avec nous, n’hésitez pas à nous contacter et nous vous répondrons avec plaisir.

Enfin, la fausse image d’un pays vert et soucieux de l’environnement, nous a énormément déçu. Au moins autant que toute cette hypocrisie autour de la question écologique et environnementale. Pour faire très court, de nombreux kiwis nous reprochent à nous autres, touristes, de polluer et détruire leur pays. Alors, oui, soyons honnêtes, certains touristes (comme partout d’ailleurs) ne respectent rien, gaspillent, jettent et polluent tout au long de leur périple. Mais une grande majorité prêtent attention, respectent la nature, respectent la faune, ramassent les déchets (des autres) en randonnant, sur les freecamps, sur la plage … Cette majorité on n’en parle pas, on ne la voit pas ou on fait semblant de ne pas la voir car c’est bien plus facile de blâmer ces maudits touristes ! En revanche, on ne parle pas des nombreuses décharges à ciel ouvert dans les zones rurales, on ne parle pas de ces millions de sacs plastiques encore distribués (au moment où nous y etions) dans les supermarchés, on ne parle pas des feux pour se débarrasser de ses déchets, on ne parle pas de ces fermes laitières géantes qui polluent les nappes phréatiques … Alors bon, ici ou là-bas, hier ou aujourd’hui, c’est un peu le même combat et c’est toujours le même constat. On évite de se regarder dans le miroir et puis de toute façon il y a cet autre, cet étranger, sur qui il est plus facile de remettre la faute. Encore une fois, on est ouverts à la discussion, tant que les échanges restent courtois.

Voilà c’était notre bilan de cette année de vie en Nouvelle-Zélande. Ne vous méprenez pas, c’est un bilan très positif dans l’ensemble mais on voulait être honnêtes aussi. Un voyage ce n’est pas que du beau, de l’incroyable et du spectaculaire. Un voyage c’est aussi des galères et des déceptions. Quand il y a coup de cœur il y a aussi coup de gueule. Et les surprises sont parfois bonnes et parfois mauvaises. Et le tout fait parti du voyage et de l’expérience.

E Noho Rā Aotearoa, Au revoir Nouvelle-Zélande !

Localisation

Voilà, nous nous sommes de nouveau envolés pour explorer d’autres contrées lointaines. Famille, amis(es), fromages : ce n’est qu’un au revoir. En attendant notre retour au bercail, vous pourrez suivre nos aventures, ici.

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